L’utilisation des électrochocs : toujours sans surveillance au Québec

pancarte non aux électrochocs

C’est le constat fait lors du huitième rassemblement d’opposition aux électrochocs qui a eu lieu le samedi 10 mai dernier, à Montréal. Une centaine de citoyenEs et de représentantEs d’organismes communautaires et de groupes de femmes ont participé à cet événement festif, agrémenté par la participation de la troupe de tambours Kumpa’nia.

« Nous voulons l’abolition pure et simple des électrochocs. L’électricité n’est pas une alternative aux médicaments » a lancé en introduction Céline Cyr, militante du comité Pare-Chocs. Hélène Grandbois, engagée depuis de nombreuses années dans la lutte contre les électrochocs, a ensuite lancé un appel à la création d’une journée internationale d’opposition à cette pratique. « Aujourd’hui même, des gens manifestent à Cork, en Irlande, contre l’utilisation des électrochocs. Il faut dire non au traitement inhumain et dégradant et oui à des alternatives humanistes et sécuritaires.»

Puis, deux représentantes de la Table des groupes de femmes de Montréal sont venues donner leur appui au comité Pare-Chocs. « À Montréal en 2011, on a administré autour de 2 000 électrochocs. Ce sont en majorité des femmes qui subissent ces électrochocs. Cela nous interpelle et nous questionne. Nous ne considérons pas que les électrochocs puissent améliorer les conditions de vie des femmes. Les problèmes que vivent les femmes ont des causes sociales et c’est sur ces causes que l’on doit agir. Ce sont les systèmes d’oppression de nos sociétés qui ont besoin d’un traitement-choc, pas les femmes. »

De son côté, Ghislain Goulet, porte-parole du comité Pare-Chocs, a présenté le profil des personnes touchées par les électrochocs, majoritairement des femmes et des personnes âgées. Il a également souligné qu’en 2003, un rapport commandé par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) concluait à la nécessité de recueillir plus de données sur les électrochocs,  en raison des incertitudes quant à leur efficacité et à leurs risques potentiels. Or, onze ans plus tard, force est de constater que non seulement cette technique controversée n’est ni étudiée et ni surveillée par le MSSS, mais son utilisation semble en hausse actuellement au Québec. « Pour nous, ce laisser-aller laisse entrevoir des dérives inquiétantes, d’autant plus que la plupart des électrochocs sont administrés à des populations vulnérables et qu’ils peuvent causer des dommages irréversibles, incluant des problèmes de mémoire, des troubles cognitifs et même le décès », a déclaré M. Goulet.

En clôture du rassemblement, la nouvelle députée de Québec Solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques a pris la parole. Manon Massé s’est indignée devant le laxisme du MSSS. « Ça n’a pas de maudit bon sens de ne pas pouvoir compter sur des chiffres, des données fiables sur l’utilisation de cette technique. C’est inacceptable que ce ne soit pas documenté. »  Elle s’est engagée à faire pression sur le ministre Barrette pour que le gouvernement mette en place un mode de surveillance de l’utilisation des électrochocs au Québec.

« Monsieur Barrette, on est en droit de savoir! Monsieur Barrette, c’est votre devoir d’agir » ont clamé vigoureusement les manifestantEs.

Ce rassemblement annuel est organisé par le comité Pare-Chocs, un groupe de militantEs luttant solidairement pour l’abolition des électrochocs au Québec.

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